Le ouistiti est dans la place

« Arrête de faire ton ouistiti ! » : quel enfant n’a jamais entendu cette expression le comparant à ce petit singe malicieux, alors qu’il faisait le pitre en gesticulant dans tous les sens ?
Pourtant, ce primate est davantage réputé pour son comportement social communautaire, son agilité, ou sa petite taille, plutôt que pour ses drôleries ainsi que ses bêtises…
Nommés ainsi en raison de leurs vocalises par le naturaliste Buffon, les ouistitis colonisent les forêts denses du Nouveau Monde, de l’Amérique du sud jusqu’en Amérique Centrale.

Un singe version miniature

Le ouistiti pèse quelques centaines grammes (une seule pour les plus petits comme le ouistiti pygmée), ce qui en fait l’un des singes les plus petits au monde.
Arboricole, sa souplesse et sa légèreté lui permettent de bondir de branche en branche, mais ils ne peuvent s’y accrocher, car ils ne disposent pas d’un pouce opposable (ni d’ailleurs d’une queue préhensile) comme la majorité des autres singes : ils s’agrippent donc aux plus fines, avec leurs 4 pattes munies de griffes.
Les ouistitis n’appréciant guère de se déplacer au sol, leurs activités se déroulent essentiellement dans les arbres, qu’ils utilisent comme garde-manger, dortoir, mais aussi comme système de protection pour éviter leurs prédateurs. Ces petits singes détestent également l’eau.
Omnivores, les ouistitis ont une alimentation variée à base de fruits et d’insectes, dont ils sont particulièrement friands. Mais ces singes miniatures préfèrent avant tout les sécrétions résineuses (la sève) des arbres gommeux, qu’ils prélèvent en incisant l’écorce du tronc avec leurs petites dents pointues.
Communicant par un babillage incessant leur permettant de communiquer avec leurs congénères (et éventuellement les prévenir d’un éventuel danger), les ouistitis s’unissent à vie. La femelle se limite à allaiter ses jumeaux (dans 90% des cas) pendant les premiers mois, mais c’est le mâle qui s’en occupe dès les premières semaines, jusqu’à leur première année… le ouistiti atteignant l’âge adulte à 2 ans.

Une communauté hiérarchisée

Vivant en communauté d’une dizaine d’individus dirigée par le couple dominant (composé par un mâle âgé), les relations des ouistitis sont particulièrement structurées.
Principale activité du groupe, la quête de la nourriture s’organise en fonction du rang des primates constituant cette petite famille : le plus ancien des mâles dispose d’un droit de préséance et se sustente en premier, suivit après par les mâles adultes en couple. Leurs femelles peuvent ensuite se nourrir, avant les ouistitis célibataires mâles puis femelles, ainsi que les juvéniles pour finir.
Ces singes très territoriaux (notamment les femelles vis-à-vis de leurs congénères), qui marquent leur espace de vie en déposant des secrétions, apprécient particulièrement les longues séances d’épouillage et de toilette collective, qui consolident la cohésion du groupe, mais confortent aussi l’organisation gradée entre ses membres, tout en permettant aux ouistitis de se délester de tout surplus d’agressivité.
Toutes ces activités rituelles sociales de toilette et de protection assurent ainsi la pérennité de la hiérarchie entre les singes, autour de leur unique couple reproducteur dominant et de leur descendance, dont tous les ouistitis du groupe prennent soin.

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